Réalisations

Pour Gmail, POP3 est mort. Vive POP3

Gmail ferme la relève POP3 des boîtes externes. J'ai fait un conteneur qui relève et réexpédie à ma place, avant de me retrouver le bec dans l'eau.

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Pierre tombale gravée POP 3, date de mort 2026, à côté du logo Gmail et de la mention RIP POP 3

Gmail ferme la relève POP3 des boîtes externes. La configuration déjà en place tient encore, mais impossible d’en ajouter une, et ça finira par sauter. Alors j’ai fabriqué le remplaçant : un conteneur qui relève mes boîtes POP3 et réexpédie tout où je veux.

« Protocole vieillissant et sécurité »

L’annonce est habillée comme il faut : Google retire POP3 de ses serveurs « pour des questions de protocole vieillissant et de sécurité ». Mettez les guillemets, ils comptent.

Franchement, c’est surtout que ça leur coûte. Aller relever les boîtes des autres, c’est des connexions sortantes à maintenir, des serveurs en face qui répondent mal, des erreurs à absorber. À l’époque où il fallait arracher les gens à Free, Orange et compagnie, ça valait l’investissement : on rapatriait tout son passé chez Gmail et on ne repartait plus. Maintenant qu’ils ont le monopole, récupérer les mails des concurrents, ils s’en contrefichent.

Moi, j’ai des tonnes de mails à rapatrier

Mon cas n’a rien d’original : des adresses sur mes domaines OVH, du Free, et le reste, tout ça remonte dans Gmail depuis des années par la relève POP3. Ma configuration existante marche toujours. Mais pour en ajouter une nouvelle, c’est mort. Et comme c’est voué à disparaître, le jour où ils coupent pour de bon, je me retrouve le bec dans l’eau avec des boîtes que plus personne ne relève.

Attendre ce jour-là pour chercher une solution, très peu pour moi. J’ai donc écrit l’outil : pop3_to_smtp.

Ce que faisait Gmail, mais pas que vers Gmail

Le principe tient en une phrase : ça relève un mail en POP3 et ça l’envoie à une autre adresse, comme une redirection. Exactement le boulot que Gmail s’apprête à arrêter de faire.

La différence, c’est la destination : le serveur SMTP se configure, celui qu’on veut. Gmail si on y tient, ou tout autre. Et le message part intact : expéditeur d’origine, signature DKIM préservée, pièces jointes conservées. Ce n’est pas un transfert qui réécrit tout au nom du relais, c’est un relais.

Interface web de pop3_to_smtp : la liste des boîtes relevées à gauche, les destinations SMTP à droite
L’interface : les boîtes relevées d’un côté, les destinations de l’autre, et l’historique de chaque relève.

Le reste se fait à la souris : ajouter une boîte, ajouter une destination, tester les réglages avant d’enregistrer, forcer une relève tout de suite au lieu d’attendre le prochain passage. Le bouton « Tester » m’a évité pas mal d’allers-retours. Un mot de passe d’application refusé, on le voit sur place plutôt qu’en fouillant des logs.

Les notifications, le vrai confort

Une redirection de mails qui tombe en panne sans rien dire, c’est le pire scénario. On ne s’aperçoit de rien pendant des semaines, jusqu’au jour où on cherche un message qui n’est jamais arrivé.

Du coup on peut recevoir des notifications sur son téléphone ou ailleurs quand ça foire : par mail, par ntfy, par webhook générique, ou par SMS avec l’API Free Mobile. Par défaut, seules les défaillances déclenchent une alerte. On peut aussi se faire prévenir à chaque succès, mais on s’en lasse vite.

Ça se déploie en Docker, et ça tourne sur un Raspberry Pi

Je ne vais pas vous dérouler la doc d’installation ici, c’est du Docker et on en reparlera une autre fois. Promis, je vous ferai un article sur Portainer, Docker et toute ma stack. En résumé : une image, un volume pour les données, un port pour l’interface.

docker run -d --name pop3_to_smtp \
  -p 8080:8080 \
  -v ./data:/data \
  -e WEB_USER=admin \
  -e WEB_PASSWORD=un_mot_de_passe_solide \
  smeagolworms4/pop3_to_smtp:latest

L’image est publiée pour amd64 et pour arm64, donc pour les petits RPi aussi : j’essaie de penser à eux. Un relais de mails qui tourne toute la journée, c’est typiquement le genre de service qui n’a rien à faire sur une grosse machine.

Pensez quand même à sécuriser l’accès. Il y a des variables pour ça, WEB_USER et WEB_PASSWORD, et ce n’est pas optionnel : l’interface contient les identifiants de toutes vos boîtes. Chez moi c’est mon SSO qui fait le boulot en amont, mais tout le monde n’a pas un SSO sous la main.

Chez moi, les deux tournent en même temps

Je n’ai pas fait sauter ma configuration Gmail : tant qu’elle tient, elle tient. Les deux font donc le même job en ce moment. Mais le jour où Gmail fera feu, moi je serai déjà bien caché à l’abri.

Le code est ouvert et je suis ouvert aux suggestions. Il y a sûrement des cas d’usage auxquels je n’ai pas pensé, et des serveurs POP3 exotiques qui vont me sortir des surprises. Je vous laisse essayer.

Image d’en-tête générée par IA.

SmeagolWorms4

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